Le fruit défendu

Au commencement était l’Ordinateur, un dispositif étrange qui apportait des réponses à ceux qui l’interrogeaient. Ainsi, la foule suivait ses sages instructions. La constance de ses réponses apportait la sécurité dans tout le royaume. Cependant, des inégalités demeuraient. Les rôles importants étaient toujours attribués aux mêmes personnes. Ceux qui réalisaient systématiquement des tâches ingrates voulurent comprendre.

Un groupe de besogneux alla donc prendre conseil auprès de l’entité supérieure pour comprendre ces différences de traitement. Mais les réponses ne leur semblaient pas satisfaisantes. Sous couvert de tranquillité et d’abondance, le système était ainsi fait. Les travailleurs retournèrent à leurs activités, sauf un qui s’enquit sur un autre sujet : comment fonctionnait l’Ordinateur ?

Ce dernier, puit de connaissance, commença à détailler son organisation : entrées, traitements, sorties. Il n’y avait rien de compliqué en cela. L’Ordinateur prenait en compte les informations connues. Ensuite, suivant des stratégies préétablies et adaptatives, il décidait de la conduite à mener. Voyant des prêtres arriver, le jeune homme prit congés et retourna à ses occupations. 

Alors qu’il réalisait ses activités, le travailleur réfléchit aux paroles de l’entité. Quelles sont les entrées ? Comment sont-elles transmises à l’Ordinateur ? En quoi influencent-elles ses décisions ? Pris dans ces pensées, il ne remarqua pas la fin de la journée. Son travail réalisé, il se promit d’aller interroger à nouveau l’entité le lendemain.

Le lendemain le jeune homme interrogea donc l’Ordinateur. Ce dernier lui détailla les informations qu’il attendait en entrée. et comment celles-ci lui étaient apportées. Devant les milliers de paramètres et les différents modes d’acquisitions, le travailleur ne put comparer cela avec son activité quotidienne. Mais à chaque paroles de l’ordinateur revenait une question. En quoi et comment ces données permettaient la prise de décision. 

A nouveau, l’Ordinateur lui répondit. Suivant leurs importances, les données pouvaient être enregistrées, historisées ou simplement traitées. Pour cela différents types de bases de données pouvaient être utilisés. Les données étaient en mémoire, ou stockées dans des fichiers ou dans des bases dont l’accès était plus ou moins rapide. Tout dépendait du contexte. Mais qu’est-ce qui déterminé le contexte ?

“Les programmes.” lui répondit l’entité. Il s’agissait d’instructions que l’Ordinateur suivait et qui étaient déterminées par les questions soumises. Ceux-ci étaient écrits dans différents langages suivant la complexité du domaine étudié. La machine cita quelques langages et exprima leurs logiques. Devant la quantité fabuleuse d’informations, le travailleur préféra interrompre son échange et retourna à ses occupations. 

Sa vie qui lui semblait simple ne l’était que parce que d’autres se préoccupaient de ces tâches auxquelles il ne prêtait pas d’importance. Habituellement, à la fin de la journée, il ressentait une fatigue physique. Ce soir-là, c’était différent. À cela s’ajoutait une fatigue psychique. Lui, habituellement joyeux lors des pots entre amis, semblait taciturne. À vouloir comprendre son monde, il en réalisait sa complexité. 

Il s’interrogeait aussi sur le rôle des prêtres. Quelles étaient leur fonction ? Apporter les informations ? Modifier les programmes ? Il s’étonnait aussi de ne jamais être dérangé lors de ses échanges avec la machine. C’était comme si le garant de l’équilibre était la possibilité de chacun de comprendre les fondements de la civilisation. Ce qui pouvait apparaître comme une injustice n’était que le résultat de règles communes. 

Finalement, son monde était plus équilibré qu’il n’y paraissait. Content des réponses apportées par l’Ordinateur, notre travailleur reparti à ses occupations quotidiennes. 

Dans un monde parallèle, l’équilibre apporté par une entité commune n’existe pas. La situation se fait par rapport à la dissymétrie de l’information. Les règles secrètes sont légions et font les carrières. L’absence de confiance empêche l’émergence de vrais projets. Et le sentiment d’injustice est omniprésent. Zozo (FF6) n’est pas loin.

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